🎥 Le Festival International du Film sur les Handicaps. Quand la singularitĂ© se fait un film …

« Il s’agit toujours de cinĂ©ma, et le handicap n’est qu’une considĂ©ration parmi d’autres de ces films. »


Avant-première du long-mĂ©trage Â«Â Trio » de Battumur Dorj, produit par Ganzorig Vanchig

Trio de Battumur Dorj
Jam est un jeune adulte atteint du syndrome de Down, nĂ© dans une rĂ©gion reculĂ©e de Mongolie. Sa mère a choisi de vivre dans une rĂ©gion isolĂ©e afin d’Ă©lever son fils dans la paix et de le protĂ©ger de la discrimination sociale.


Projection du long-mĂ©trage documentaire Nemchou rĂ©alisĂ© par GĂ©rald Serrault et produit par Phare d’Ouest

Nemchou de GĂ©rald Serrault
Nemchou est le rĂ©cit d’un itinĂ©raire de six personnes sourdaveugles, quatre hommes et deux femmes, accompagnĂ©s par six bĂ©nĂ©voles, avec l’appui d’un mĂ©decin Ă©galement bĂ©nĂ©vole, randonnant dans le dĂ©sert tunisien pendant neuf jours. Marchant d’un pas dĂ©cidĂ© et soudain libre, chacun profite de cette aventure inĂ©dite et surprenante pour s’exprimer sur la surdicĂ©citĂ© dont ils sont atteints : – Oser marcher pour le plaisir – Oser marcher pour tĂ©moigner – Oser marcher pour montrer leurs capacitĂ©s d’adaptation Ă  un milieu inconnu alors qu’ils sont considĂ©rĂ©s comme devenus « incapables Â». Ces personnes sont d’âge et de gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes, communiquent de façon diffĂ©rente, certains par oral, d’autres en langue des signes et un en langue des signes tactile. Le rĂ©sultat est une lente immersion dans un univers inconnu, celui du sable du dĂ©sert avec ses paysages changeants et celui de la vie intĂ©rieure de celles et ceux qui marchent parfois sans voir, sans entendre ou si mal.

C’est l’une des adhĂ©rentes de l’association Phare d’Ouest qui Ă©mit l’idĂ©e d’une randonnĂ©e en 2019.
De concert avec l’association nantaise Au-delĂ  du Regard, Phare d’ouest a construit un projet de rando en Tunisie, projet retardĂ© par la crise du COVID mais rĂ©alisĂ© en mars 2022.

Sur LYON CAPITALE, Guillaume Lamy reçoit dans son « 6 minutes chrono » Philippe Lefait, parrain du FIFH et père de Lou, fille qui, avec son trouble complexe du langage, fait partie de « La bande à MÉMO ».

©LYON CAPITALE TV , partenaire média du FIFH.
PrĂ©cision : La DREES, la direction de la recherche, des Ă©tudes, de l’Ă©valuation et des statistiques, l’organisme statistiques des ministères sociaux chiffre Ă  7,7 millions de personnes de plus de 15 ans (14,1 % de la population française) le nombre de personnes qui sont en situation de handicap. 9,3 autres millions se dĂ©clarent « aidants » d’un proche âgĂ© ou handicapĂ©, selon deux de ses Ă©tudes. Mais elle prĂ©cise que « selon le critère ou le croisement de critères utilisĂ©, le nombre de personnes handicapĂ©es peut varier de 2,8 millions Ă  9,0 millions de personnes de 15 ans ou plus vivant hors institution, en 2019. Par ailleurs, fin 2018, plus de 140 000 personnes vivent en Ă©tablissements pour enfants ou adultes handicapĂ©s ».

Extraits de cet entretien sur LYON CAPITALE.

Guillaume Lamy :
« Peut-être un petit mot avant de parler du festival en lui-même, un mot sur le vocable, le qualificatif « handicapé ». Je crois que vous lui préférez vous le terme de singularité.

Philippe Lefait :
Oui, j’ai toujours dit « singularité », parce que si on estime que tout le monde est singulier, ça donne une chance Ă  tout le monde…/… pour des questions de nomenclature, dans une sociĂ©tĂ© française qui est très marquĂ©e par l’administration et ses pesanteurs, le handicap permet de catĂ©goriser un certain nombre de gens, de leur donner Ă©ventuellement des aides le mieux possible et le plus possible. Mais imaginons que nous avons tous une singularitĂ© et ce sera sans doute plus acceptable pour l’idĂ©e du vivre ensemble. 

2 000 films ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s au festival international du film sur les handicaps, dont vous ĂŞtes le parrain. Documentaires, fiction, films d’animation, court-mĂ©trage.
Combien ont été sélectionnés ?

Katia Martin-Maresco, la prĂ©sidente et la fondatrice de ce festival, insiste beaucoup pour dire que c’est un festival festif – mais festival, Ă©videmment, c’est festif – et, par ailleurs, que c’est du cinĂ©ma…/… Et ce passage par le handicap concerne Ă  la fois les sujets des films, mais aussi leurs auteurs, leurs rĂ©alisateurs ou leurs rĂ©alisatrices, de plus en plus de femmes rĂ©alisatrices pour des films qui sont, avant tout, des films de cinĂ©ma. Le handicap n’est qu’une considĂ©ration parmi d’autres de ces films. 

Jean-Baptiste Richardier, cofondateur de Handicap International, et membre du jury disait que le festival invitait Ă  Â«Â lutter contre la condescendance », il parlait d’« alibi de l’inclusion ». Comment, aujourd’hui, on fait en sorte que le handicap ne suscite pas l’apitoiement systĂ©matique ?

Ce qui est intĂ©ressant sur le festival international du film sur les handicaps, c’est qu’il y a vraiment une grande partie de sensibilisation grâce aux partenariats, avec des Ă©coles et avec l’UniversitĂ© de Lyon, par exemple. Par ailleurs, le public est de plus en plus divers et variĂ©, ce n’est pas un public qui serait, « essentialisé » comme vous le disiez tout Ă  l’heure. 

Dans son discours de politique gĂ©nĂ©rale, le Premier ministre Gabriel Attal, a Ă©voquĂ© quelques mesures axĂ©es sur le handicap, notamment pour simplifier l’avis des citoyens concernĂ©s. Il y avait notamment le remboursement total des fauteuils roulants. Certaines associations, comme Collectif Handicap ou AFP France Handicap, ont exprimĂ© leur dĂ©ception et leur mĂ©contentement en parlant d’un discours qui Ă©tait un petit peu vide. Ils s’attendaient Ă  plus. Comment vous voyez les choses vous en tant qu’aussi aidant ?

J’ai l’impression que nous ne sommes pas les seuls concernĂ©s Ă  avoir Ă©tĂ© un peu déçus par ce qui, en l’Ă©tat, s’apparente Ă  de la communication. Nous sommes nombreux, pas seulement les personnes aidantes ou les personnes en situation de handicap, Ă  attendre que tout cela se concrĂ©tise rapidement. Entre les mots et l’action il y a encore une distance qui est Ă  parcourir… « 

 

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    « … j’ai toujours dit « singularité », parce que estimer que tout le monde est singulier, c’est donner une chance Ă  tout le monde…/… pour des questions de nomenclature, dans une sociĂ©tĂ© française qui est très dĂ©pendante de l’administration et de ses pesanteurs, le handicap permet de catĂ©goriser un certain nombre de personnes et de leur donner Ă©ventuellement des aides le mieux possible et, on le souhaite, le plus possible. Mais imaginer que nous sommes tous singuliers et l’idĂ©e du vivre ensemble y trouve largement son compte… »

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