Lecture

La compréhension de l’autre singulier quand l’autiste Asperger monologue son asociognosie … Lire Emmanuel Venet

« Gila Lustiger et Emmanuel Venet: deux romans du besoin de savoir »
Des mots de minuit #538 du 15 septembre 2016.

« Atteint du syndrome d’Asperger, l’homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le scrabble, la logique, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans. Farouche ennemi des compromis dont s’accommode la socialité ordinaire, il souffre, aux funérailles de sa grand-mère, d’entendre l’officiante exagérer les vertus de la défunte. Parallèlement, il rêve de vivre avec Sophie Sylvestre un amour sans nuages ni faux-semblants, et d’écrire un Traité de criminologie domestique.
Par chance, il aime aussi la solitude. »
©Verdier
Emmanuel Venet est psychiatre et vit à Lyon où il est né en 1959.

À propos des livres précédents d’Emmanuel Venet.

« La médecine le poursuit partout, ce qui est assez normal pour un psychiatre en charge de personnes à la pathologie lourde le plus souvent. Mais aujourd’hui il voudrait enfin être lu à la seule aune de son écriture, avec son premier livre purement fictionnel, gonflé jusque dans le titre: « Rien ».
“C’est un livre qui me tient particulièrement à coeur. Je l’ai réécrit trois fois en entier, et plus de 30 fois le début avant de trouver la forme qui me semblait aboutie, pour ne pas faire un banal roman d’amour.” Une forme lointainement inspirée du roman « Oui » de Thomas Bernhard, se terminant lui aussi par son titre après une narration d’une seule coulée. Mais la comparaison s’arrête là. Autant « Oui » est le roman nerveux d’un grand dépressif, autant « Rien » est un petit bijou d’humour revenu de tout, effleurant la gravité avec une “désespérante allégresse ”.

Tribune de Lyon, octobre 2013.Tribune de Lyon, octobre 2013.

Rencontre avec Emmanuel Venet (Librairie Charybde, Paris-17 janvier 2014)


Gila Lustiger est née en Allemagne en 1963 et a vécu en Israël avant de s’installer à Paris.
Ses précédents romans: L’Inventaire (1998), Quel bonheur! (2000), Nous sommes (2005) et Un bonheur insoupçonnable (2008) et Cette nuit-là (2013).
Elle écrit en allemand.
« En 1984, Émilie T., jeune escort-girl parisienne, avait été sauvagement assassinée, meurtre jamais élucidé. Vingt-sept ans plus tard, la presse annonce l’arrestation d’un employé de banque sans histoires, Gilles Neuhart, dont l’ADN correspond à celui trouvé sur la scène du crime.
Dix-sept lignes – c’est ce que son rédacteur en chef demande à Marc Rappaport sur cette affaire. Le journaliste, homme complexe et tourmenté, suit son intuition et cherche, envers et contre tout, à en savoir davantage sur le destin de la jeune femme.
Patiente et tenace, son enquête lève le voile sur un drame sanitaire impliquant quelques insatiables de l’industrie chimique et de la sphère politique.
Dans cet ambitieux roman dédié au journalisme d’investigation, Gila Lustiger dresse un portrait impitoyable de certains milieux français. S’inspirant de faits réels, l’auteur explore strate par strate la société parisienne et provinciale.
Un réquisitoire puissant contre les maux qui affligent nos démocraties néolibérales. » 
©Actes Sud.

Lecture

  • La parole exceptionnelle et si utile de Jean Oury (1924-2014) pour la compréhension de l’autre, l’humain

    Au hasard d’une promenade sur la toile, on trouve parfois des propos qui marquent. Ceux, par exemple, de Jean Oury, médecin psychiatre et psychanalyste, fondateur de la clinique de la Borde qu’il a dirigé jusqu’à sa mort.
    Quand l’autre est singulier, il mérite qu’on imagine, qu’on invente ou qu’on renouvelle l’attention qu’on lui porte. Ce qui se dit ici dépasse largement le cadre d’une prise en charge et d’une expertise médicales. C’est une parole qui dit l’intelligence du rapport humain et une façon exemplaire de faire société. Pour chacun d’entre nous, d’où et quel qu’il soit, un viatique.

  • Paul tellement bien perçu par sa mère Estelle Laurent : « Il est toujours dans l’interaction ! »

    « Les handicaps rares à composante Troubles Complexes du langage » , c’est le thème de la journée d’étude organisée en avril 2018 par le CNR Laplane. Estelle Laurent qui préside alors l’AFHAR-TCL évoque ici un jeune homme de 22 ans, son fils, grand communicant pour autant qu’on prête attention à ses modes d’expression et à son désir de toujours échanger. Elle a su très intuitivement le faire et sortir Paul des empêchements auxquels l’assignaient parfois la médecine ou le médico-social … Paul « fréquente » aujourd’hui MÉMO.

  • « Les emmener jusqu’au bout de leur vie » Quand, en 1965, Lino Ventura s’attaque aux mentalités qui refusent le handicap … »Le Rêve de Lino » un film de Delphine Valeille.

    En 1958, la naissance de sa fille Linda va tourner au drame : une jaunisse, des complications et puis un cerveau abîmé. Linda restera à vie en situation de handicap. Lino Ventura sait que c’est à Baracé qu’elle trouvera l’accueil et la bienveillance dont elle a besoin, dans une France où le handicap est encore une tare, une honte.

  • « Et tu danses, Lou » : l’histoire peut commencer. On y trouvera ce qu’il faut d’efficacité et d’errances hospitalières, d’usines à gaz et de belles solidarités, d’anges gardiens et de crétins patentés … et la langue des signes

    Une famille.Il y a dix-sept ans, tout était là, le désir, la chambre, les biberons et les couches.Un hasard génétique a mis au premier jour sur le chemin de leur vie commune un invité-surprise. Une singularité qui fait que l’enfant Lou présente « des troubles sévères du langage et quelques difficultés associées ».La vie est […]

  • Une as des mots : Babouillec racontée par Julie Bertuccelli…

    Cette jeune femme, né en 1985, diagnostiquée « autiste très déficitaire », a longtemps été enfermée dans une impossible communication jusqu’à ce que soit mise à sa disposition une boîte à lettres. Dans les « usines à gaz » (aucune volonté dépréciative dans l’expression; seulement une évocation de la complexité) qu’imaginent les aidants -en la circonstance sa mère- pour être avec les personnes handicapées…

  • paul

    Makaton : l’avis de Paul.

    Le programme Makaton a été créé par Margaret Walker, orthophoniste britannique, en 1972 et introduit en France en 1995.
    Le Makaton est un programme d’éducation au langage. C’est une méthode augmentative car c’est une approche multimodale qui superpose plusieurs canaux de communication (parole, signes empruntés à la Langue des Signes Française, pictogrammes Makaton et langage écrit). On peut la proposer à tous les enfants pour lesquels le seul bain de langage n’a pas permis de développer une communication orale fonctionnelle.

  • « La langue des signes est vitale ! » Emmanuelle Laborit …

    « IVT, ça a été un combat de trente années et je rends hommage à toutes celles et à tous qui y ont contribué. C’est une victoire mais, pour moi, ce n’est pas terminé parce que, maintenant, il faut faire vivre ce lieu… Quand on veut apprendre une langue, on va dans le pays et on s’immerge dans sa langue et sa culture. Pour apprendre la langue des signes, on ne peut pas aller au pays des sourds. Pour ceux qui veulent apprendre et échanger avec nous, il y a IVT qui est un lieu artistique et culturel »

  • Stanislas Lyonnet-Marie Ségala. Le généticien et la directrice de MÉMO.

    Quand le sanitaire et le médico social échangent émerge une meilleure possibilité d’un chemin de soi pour toutes celles et ceux que les troubles complexes du langage rendent plus singuliers. Comme le dit l’institut Imagine que dirige Stanislas Lyonnet, il s’agit bien quand le diagnostic génétique est possible et posé de changer la vie et de renverser le sort.

  • Transformer l’offre de service dans le secteur du handicap. Les 100 💡 de François Bernard …

    Droit de vivre dans la société et de s’y insérer, liberté de choix, pleine intégration et participation à la société ; choisir son lieu de résidence, où et avec qui elles vont vivre, ne pas être obligées de vivre dans un milieu de vie particulier ; avoir accès à une gamme de services à domicile ou en établissement, ne pas être isolées ou victimes de ségrégation…

  • Pierre Delion : pour aider l’autre, la « constellation transférentielle »…

    S’il ne fallait retenir qu’une expression de Pierre Delion, ce serait celle-là. Elle dit l’exacte mesure de l’enjeu d’un soin qui implique le psychiatre comme la cantinière ou le jardinier pour aider l’enfant muré dans son mutisme. Mais plus largement, c’est l’allégorie d’un collectif, d’une diversité d’approches pour réintégrer l’autre dans la communauté. Le psychiatre Pierre Delion a ici la simplicité et la tranquillité du passeur. Il dit les effrois ou les surprises acceptés, la curiosité infinie qu’il a mise avec ses équipes au service de chacun de ses patients.

  • Face à face avec la singularité : le dire chez Ardisson …

    Au téléphone, ce jour-là, tu pleures, et tu ries –ton absolu et rassurant sens du coq à l’âne; et tu me bouleverses, et tu m’emplis. Je suis le jouet de tes montagnes russes. Je le sais, j’essaye de m’en préserver, mais l’émotion peut être l’hiver venteux des hommes ou des pères qui questionnent leur rôle. Je me voudrais point d’appui. Mon cœur peut être d’artichaut et je me pose la question : sommes-nous capables de voir Lou comme cette adulte que tu es devenue?

  • couverture Et tu danses, Lou

    « Et tu danses, Lou » : l’histoire peut commencer. On y trouvera ce qu’il faut d’efficacité et d’errances hospitalières, d’usines à gaz et de belles solidarités, d’anges gardiens et de crétins patentés … et la langue des signes

    Une famille.
    Il y a dix-sept ans, tout était là, le désir, la chambre, les biberons et les couches.
    Un hasard génétique a mis au premier jour sur le chemin de leur vie commune un invité-surprise. Une singularité qui fait que l’enfant Lou présente « des troubles sévères du langage et quelques difficultés associées ».
    La vie est facétieuse : maman fait des livres et papa travaille à la télé.
    L’histoire peut commencer.

  • François Bernard reçoit les parents de Lou …

    Dans ce nouvel épisode d’Handicap, histoire de… toute la force de l’amour parental s’exprime dans les témoignages de Pom Bessot et Philippe Lefait.  
    Pom est éditrice, Philippe, journaliste, une femme et un homme « de mots ». Leur fille Lou, 25 ans aujourd’hui, vit avec des troubles complexes du langage. Un paradoxe pointé d’emblée et avec lequel la famille a composé pour écrire son histoire.

  • « Les 100 mots de la génétique » de Dominique Stoppa-Lyonnet et Stanislas Lyonnet

    « C’est dans mes gènes ! » ; « c’est l’ADN de notre maison ! »… De la génétique, le langage courant a tiré des expressions imagées qui parlent à tout le monde. Mais qui connaît réellement cette science de l’hérédité ? Elle fascine, pour les progrès qu’elle a permis et qu’elle promet, autant qu’elle inspire la défiance, à cause de la façon dont elle semble instrumentaliser l’humain.
    De fait, les problèmes éthiques qu’elle soulève sont de taille … 

  • « Plus sensible que la moyenne! » Benjamin Lavernhe est autiste Asperger dans le film « Le goût des merveilles… »

    Depuis la mort de son mari, Louise élève seule ses deux enfants. Elle a hérité de l’exploitation agricole de son époux, qu’elle gère avec difficulté. Un soir, sur la route, elle renverse un homme, Pierre. Elle décide de le ramener chez elle pour le soigner. Mais l’inconnu a un comportement singulier… Le film est issu d’un long travail de documentation sur l’autisme de la part d’Eric Besnard, le réalisateur.

  • Makaton Paul

    MAKATON : le portrait de PAUL

  • Charles Gardou : les mots d’un père …

    « Les mots ont été mes seuls amours, quelques-uns » Beckett. Charles Gardou connaît la férocité du fauve, celle que le handicap redouble quand il touche l’enfant. Quand le réel psychanalytique l’a cogné, l’anthropologue et l’universitaire lui a opposé une première réponse théorique. La diversité et la singularité de l’humain sont devenues son sujet dans une société, la nôtre, où, dans « le tintamarre des normes », « l’on fantasme le handicap de ne pas le connaître ». Quand ailleurs il est tout aussi possible de se passer du mot inclusion et d’être dans une communauté naturellement hospitalière de sort et de destin avec les personnes empêchées.

  • Et tu danses Lou

    « Et tu danses, Lou » au Théâtre : « Tu surprends ton monde, ta mère, ton père, les mauvais ouvriers de ta venue sur terre paniqués dès ton surgissement épique… Nous étions censés t’accueillir. C’est toi qui nous cueilles. Ton sens inné de l’uppercut ! »

    Un hasard génétique a mis au premier jour sur le chemin de leur vie commune un invité-surprise. Une singularité qui fait que l’enfant Lou présente « des troubles sévères du langage et quelques difficultés associées ». La vie est facétieuse : maman fait des livres et papa travaille à la télé. L’histoire peut commencer.

  • Le discours d’une méthode : Reuven Reuven Feuerstein …

    Des mots de minuit #203Reuven Feuerstein – Irène Jacob ©Des mots de minuit – avril 2005  « La méthode Feuerstein a été définie par le Professeur Reuven Feuerstein pour venir en aide aux enfants dont les capacités intellectuelles n’ont pas été suffisamment exploitées pour leur permettre de faire face aux exigences du cadre scolaire et d’arriver […]